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Frais universitaires en France : des étudiants algériens craignent de devoir abandonner leurs études

Fin avril, le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé une mesure qui inquiète fortement les étudiants étrangers non européens. Désormais, toutes les universités françaises devront appliquer les frais d’inscription différenciés.

Pour de nombreux étudiants algériens, cette décision représente un choc financier. Les frais ne connaissent pas une simple hausse. Ils explosent.

En licence, une année d’étude passerait de 178 euros à 2 895 euros. En master, les frais atteindraient 3 941 euros par an, contre 254 euros actuellement.

Cette hausse change totalement les projets de nombreux jeunes Algériens. Beaucoup ont choisi la France parce que les frais universitaires restaient accessibles. Aujourd’hui, certains envisagent déjà de quitter le pays ou d’abandonner leurs études.

« Je vais devoir arrêter mes études »

Des étudiants algériens ont témoigné auprès de l’Union Étudiante. Leurs récits montrent une grande inquiétude.

Une étudiante algérienne explique qu’elle pourrait arrêter ses études, malgré ses bons résultats.

« Je vais tout simplement devoir arrêter mes études alors que je suis major de promo », confie-t-elle.

Elle affirme qu’elle ne pourra pas payer ces nouveaux frais l’année prochaine. Pourtant, elle travaille déjà beaucoup pour financer son parcours.

Elle rappelle aussi une contrainte importante. Les étudiants algériens ne peuvent pas travailler plus de 17 heures par semaine en France. Ils doivent également obtenir une autorisation de travail. Cette procédure peut prendre plusieurs mois.

« J’avais de grandes ambitions », explique-t-elle. Mais cette hausse vient freiner brutalement son projet.

Des étudiants déjà en difficulté

Un autre étudiant algérien, âgé de 18 ans, partage la même inquiétude. Il est arrivé en France en septembre dernier. Pourtant, il a déjà du mal à couvrir ses dépenses.

Il travaille environ 18 heures par semaine. Malgré cela, il peine à joindre les deux bouts.

« Si les frais augmentent et que les exonérations disparaissent, je ne pourrai pas continuer mes études. Ce sera impossible pour moi », affirme-t-il.

Le jeune étudiant redoute aussi les conséquences sur son titre de séjour. S’il ne peut plus s’inscrire à l’université, il risque de perdre son droit de rester en France.

Il pourrait alors rentrer en Algérie. Mais il craint de ne pas pouvoir reprendre ses études facilement.

« Ça voudrait dire que j’ai perdu une année, du temps et de l’argent », s’inquiète-t-il.

« On n’est ni riches ni privilégiés »

Cet étudiant espère encore que la mesure ne s’appliquera pas. Il dit ressentir une forme d’injustice.

« J’espère que cette loi ne passera pas », déclare-t-il.

Il souhaite surtout que les autorités prennent en compte la réalité sociale des étudiants étrangers.

« On n’est ni riches ni privilégiés. Nous sommes juste des étudiants simples, avec des familles simples qui font de leur mieux », ajoute-t-il.

Pour lui, cette décision donne le sentiment que les étudiants étrangers ne bénéficient pas du même regard que les autres.

L’inquiétude gagne aussi l’Algérie

Cette annonce inquiète également les étudiants encore présents en Algérie. Certains préparent déjà leur départ vers la France.

Une étudiante algérienne arrive à la dernière étape de sa procédure. Elle avait choisi des universités qui proposaient une exonération des droits différenciés.

Mais l’annonce du ministre change la situation. Selon elle, toutes les universités devront désormais appliquer ces frais.

Elle explique pourtant qu’elle se préparait à affronter les difficultés de la vie étudiante en France. Elle savait que le coût de la vie serait élevé. Malgré cela, elle se disait prête à faire des sacrifices.

« Sauf qu’avec cette augmentation des frais pour les étudiants étrangers, tout devient incertain. Je sais déjà que je ne pourrai pas payer », confie-t-elle.

Un montant impossible pour beaucoup de familles

Pour cette étudiante, près de 3 000 euros pour une année de licence représente une somme énorme.

Elle rappelle que ce montant dépasse largement les moyens de nombreuses familles algériennes.

« C’est plus de 30 fois le SMIC. Ce n’est même pas une question d’effort ou de volonté. C’est juste impossible », conclut-elle.

Cette hausse pourrait donc bouleverser le parcours de nombreux étudiants algériens. Pour certains, la France risque de ne plus être une destination universitaire accessible.

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