Imad Ould Brahim : un influenceur algérien obtient un titre de séjour en France

Imad Ould Brahim, influenceur algérien connu sous le pseudonyme d’Imad Tintin, a récemment obtenu un titre de séjour en France après une décision favorable du tribunal administratif de Grenoble. Âgé de 32 ans, cet homme vit en France depuis 2021, où il est marié et père d’un enfant né sur le territoire français en 2024.
Un parcours administratif compliqué
Malgré sa situation familiale stable, Imad Ould Brahim a été confronté à trois obligations de quitter le territoire français (OQTF) émises par la préfecture de l’Isère en 2021, 2022 et novembre 2025. En parallèle, sa demande de certificat de résidence a été rejetée, le plaçant dans une situation administrative complexe.
Décision du tribunal administratif
Le 25 février 2026, le tribunal administratif de Grenoble a annulé les décisions de la préfecture, estimant que la situation d’Imad Ould Brahim devait être examinée à la lumière de l’accord franco-algérien de 1968. Cet accord confère des droits spécifiques aux ressortissants algériens vivant en France, notamment la possibilité d’obtenir un titre de séjour en tant que parent d’un enfant français ou en raison d’attaches familiales solides. Les juges ont conclu que l’administration n’avait pas correctement appliqué ces règles.
Une affaire médiatisée et des rebondissements
Le parcours judiciaire d’Imad Tintin a été marqué par des événements médiatisés. En décembre 2024, il a déposé une demande de titre de séjour en tant que parent d’enfant français. Toutefois, en janvier 2025, il a été interpellé à la suite de propos interprétés comme un appel à la violence. Une expertise linguistique a par la suite nuancé cette interprétation. Malgré cela, l’affaire a suscité une attention considérable, se déroulant dans un contexte de tensions diplomatiques entre Paris et Alger. La justice pénale a finalement condamné l’influenceur pour menaces de violence, lui infligeant une amende de 450 euros avec sursis.
Une jurisprudence renforcée pour les ressortissants algériens
En juillet 2025, une précédente OQTF avait déjà été annulée par le tribunal administratif, qui avait jugé que la préfecture avait commis une erreur d’appréciation. Les juges avaient alors souligné que l’administration devait d’abord examiner la demande de titre de séjour avant de prendre toute mesure d’éloignement. Malgré cette décision, la préfecture avait de nouveau rejeté la demande en novembre 2025, invoquant le non-respect des OQTF précédentes.
Conséquences de la décision judiciaire
La décision du tribunal administratif de Grenoble constitue un signal important pour les ressortissants algériens confrontés à des refus administratifs ou à des OQTF répétées. Les juges ont rappelé que les OQTF successives ne peuvent pas empêcher l’examen d’une nouvelle demande de titre de séjour, et que l’accord franco-algérien de 1968 doit primer dans certaines situations, notamment lorsqu’il existe une vie familiale stable en France.
Grâce à cette décision, Imad Ould Brahim pourra régulariser sa situation administrative et sécuriser la vie de sa famille en France. Cette affaire renforce la jurisprudence concernant la protection des droits familiaux et l’application de l’accord franco-algérien dans les procédures de séjour.



