La Dépendance Énergétique du Maroc : Vers une Réduction des Flux de Gaz en Provenance d’Espagne

Une Dépendance Persistante au Gaz Espagnol
Le Maroc reste fortement dépendant des infrastructures espagnoles pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette situation est particulièrement mise en lumière par la chute significative des volumes de gaz acheminés d’Espagne vers le royaume, avec une réduction d’environ un tiers dans la seconde moitié d’août 2026. Cette baisse s’inscrit dans un contexte où le Maroc continue de peiner à développer ses propres capacités gazières.
Une Baisse Notable des Flux de Gaz
Selon les données du gestionnaire de réseau espagnol Enagás, les flux de gaz à l’interconnexion de Tarifa, point d’entrée du gazoduc Maghreb-Europe (GME) vers le Maroc, ont montré une chute marquée. Le 14 août, les flux atteignaient 30,57 GWh, mais ont rapidement diminué à 27,16 GWh le lendemain, puis à 23,88 GWh le 16 août. La tendance s’est poursuivie avec des niveaux tombant à 20,70 GWh le 18 août, avant de se stabiliser autour de 20,3 GWh par jour entre le 19 et le 23 août.
Les Raisons de cette Chute
Cette diminution des volumes est survenue après un pic de demande électrique au Maroc, qui avait atteint environ 8 400 mégawatts au début de juillet, avant de redescendre à 7 400 MW à la fin août. Cette baisse de consommation est due à la fin de la période estivale, lorsque les centrales à gaz de Tahaddart et d’Aïn Beni Mathar fonctionnent moins intensément.
Une Dépendance Énergétique Inquiétante
Le Maroc dépend d’Espagne pour environ 8 % de son électricité, et cette situation est scrutée de près par les experts du secteur. Bien qu’aucune indication ne laisse penser que Madrid ait délibérément réduit les livraisons, cette situation soulève des questions sur la sécurité énergétique du pays. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) est en effet responsable de la détermination des quantités nécessaires en fonction des besoins du système électrique national.
Les Défis d’Infrastructure du Maroc
Le Maroc n’a pas encore construit de terminal de regazéification, ce qui l’oblige à faire transiter son GNL par des installations espagnoles. Ce gaz, acheté sur le marché international, arrive par méthanier dans des terminaux en Espagne où il est converti en gaz avant d’être envoyé vers le Maroc via le GME. Shell, l’un des principaux acteurs du secteur, a un contrat avec l’ONEE pour assurer ces livraisons.
Des Perspectives d’Avenir
La capacité technique maximale d’exportation de gaz d’Espagne vers le Maroc est actuellement fixée à 32 GWh par jour. Cependant, cette situation de dépendance devrait perdurer tant que le Maroc ne disposera pas de ses propres installations de regazéification.
Le pays avait envisagé de développer une unité flottante de stockage et de regazéification à Nador West Med, mais ce projet a été suspendu au début de 2026. Cette suspension souligne les défis que le Maroc doit surmonter pour réduire sa dépendance vis-à-vis des infrastructures espagnoles.
Les Efforts du Maroc pour Diversifier ses Sources Énergétiques
Face à cette situation préoccupante, le Maroc a lancé plusieurs initiatives pour diversifier ses sources énergétiques. Le pays a investi dans des projets d’énergie renouvelable, notamment l’énergie solaire et éolienne. Ces efforts visent à réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et à renforcer l’autonomie énergétique du royaume. Le parc éolien de Tarfaya, par exemple, est l’un des plus grands en Afrique et contribue à la production d’électricité renouvelable au Maroc.
L’Impact de la Dépendance Énergétique sur la Diaspora Maghrébine
La dépendance énergétique du Maroc a des répercussions sur la diaspora maghrébine, qui s’inquiète des implications économiques et sociales de cette situation. Les fluctuations des prix de l’énergie et les incertitudes liées à l’approvisionnement peuvent affecter le développement économique et les opportunités d’investissement dans le pays d’origine. Pour les membres de la diaspora, cela soulève des questions sur leur rôle potentiel dans le soutien à des initiatives de développement durable et d’investissement dans le secteur énergétique marocain.
Conclusion : Vers une Autonomie Énergétique ?
La récente chute des volumes de gaz en provenance d’Espagne ne doit pas masquer la réalité : tant que le Maroc n’aura pas développé ses propres capacités gazières, il continuera de dépendre des infrastructures espagnoles. Cette situation nécessite une attention constante et des actions concrètes pour renforcer l’autonomie énergétique du pays.
Pour rester informé sur les questions énergétiques et les initiatives du Maroc, consultez les ressources suivantes : Consulat du Maroc, Douane Marocaine, Service Public Français, Ministère de la Transition Énergétique, Agence Marocaine de Développement des Investissements.



