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1,2 milliard de dollars réclamé au Maroc : Emmerson n’avait que 443 000 dollars en caisse

Emmerson réclame 1,215 milliard de dollars au Maroc dans le conflit autour de son projet de mine de potasse à Khémisset. Pourtant, les derniers comptes de la société britannique montrent une trésorerie de seulement 443 000 dollars au 30 juin 2026.

Les résultats semestriels d’Emmerson, publiés le 28 septembre, donnent un aperçu de la situation financière du groupe. Au 30 juin, la société disposait de 443 000 dollars de liquidités, contre 650 000 dollars six mois plus tôt.

Emmerson affichait également un passif net de 1,101 million de dollars.

Par ailleurs, l’entreprise a enregistré une perte de 1,783 million de dollars au cours des six premiers mois de 2026. Ses dépenses juridiques ont fortement augmenté. Elles ont atteint 2,341 millions de dollars, contre un peu plus d’un million sur la même période en 2025.

Un arbitrage à 1,215 milliard de dollars contre le Maroc

Ces dépenses s’inscrivent principalement dans le cadre de l’arbitrage engagé par Emmerson contre le Maroc.

La société britannique réclame exactement 1,215 milliard de dollars, intérêts compris et après déduction des taxes locales. Elle conteste ainsi le rejet, en 2024, de l’autorisation environnementale nécessaire à son projet de potasse à Khémisset.

Emmerson estime que cette décision constitue une expropriation. La société invoque également plusieurs violations du traité bilatéral d’investissement entre le Maroc et le Royaume-Uni.

En mars 2026, l’entreprise a déposé son mémoire. Ce document présente ses arguments, les éléments de preuve ainsi que le calcul de l’indemnisation demandée au Maroc.

Jusqu’à 11 millions de dollars pour financer l’arbitrage

Pour financer la procédure, Emmerson a conclu un accord avec un financeur spécialisé dans les litiges.

Cet accord prévoit une enveloppe pouvant atteindre 11 millions de dollars. Elle doit couvrir les frais liés à l’arbitrage ainsi que certaines dépenses de fonctionnement de l’entreprise.

Au cours du premier semestre, le financeur a déjà pris en charge 1,635 million de dollars de dépenses.

En revanche, le mécanisme prévoit un risque financier particulier pour Emmerson. Si la société perd l’arbitrage, elle n’aura pas à rembourser les sommes avancées par le financeur.

À l’inverse, si elle obtient gain de cause ou conclut un accord avec le Maroc, le financeur percevra une rémunération. Son montant dépendra notamment des sommes engagées, de la durée de la procédure et de l’indemnisation obtenue.

La trésorerie remonte à 891 000 dollars

Depuis la clôture des comptes semestriels, la situation de trésorerie a toutefois évolué.

Au 9 septembre 2026, Emmerson disposait de 891 000 dollars. Le conseil d’administration estime que cette somme, combinée au financement prévu pour la procédure, permettra de couvrir les dépenses attendues pendant au moins douze mois.

L’entreprise doit maintenant poursuivre son bras de fer juridique avec Rabat.

Une procédure qui doit durer jusqu’en 2028

Le calendrier de l’arbitrage prévoit encore plusieurs étapes importantes.

D’abord, le Maroc doit déposer son mémoire en défense en janvier 2027. Emmerson répondra ensuite en octobre 2027.

Puis, Rabat présentera sa réplique en janvier 2028.

Enfin, l’audience consacrée à la compétence du tribunal et au fond du dossier doit se tenir du 17 au 26 juillet 2028.

Ainsi, le conflit autour du projet de potasse de Khémisset devrait encore s’étendre sur plusieurs années. Pour Emmerson, l’enjeu financier atteint 1,215 milliard de dollars, alors que ses derniers comptes faisaient apparaître seulement 443 000 dollars de trésorerie au 30 juin 2026.

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