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Des Marocains expulsés des États-Unis vers des pays où ils n’avaient aucun lien

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les États-Unis transfèrent des milliers de migrants vers des pays tiers. Certains n’ont pourtant aucun lien avec ces nouvelles destinations.

Parmi eux figurent plusieurs ressortissants marocains. Les autorités américaines les ont notamment envoyés au Cameroun et au Costa Rica.

Au 31 août 2026, au moins 25 447 personnes avaient rejoint des pays tiers dans le cadre de ce dispositif. Une enquête internationale, baptisée The Deportation Project, révèle l’ampleur de ces transferts.

Plus de 25 000 personnes envoyées dans des pays tiers

Le projet réunit Forbidden Stories et des journalistes de plusieurs médias internationaux. Leur enquête porte sur les expulsions organisées par l’administration américaine.

Selon leurs données, Washington a conclu des accords avec 35 pays.

Parmi eux, 28 pays ont déjà accueilli des personnes expulsées des États-Unis.

Dans plusieurs cas, les migrants n’avaient aucun lien familial ou personnel avec leur pays de destination.

Le système permet ainsi à Washington de déplacer certaines personnes loin de leur pays d’origine. Il concerne notamment des migrants que les États-Unis ne peuvent pas renvoyer directement.

Washington prévoit 410 millions de dollars

Pour obtenir la coopération de pays étrangers, l’administration américaine a prévu au moins 410 millions de dollars.

Les documents étudiés par les journalistes détaillent plusieurs enveloppes.

Washington prévoit notamment 81 millions de dollars pour les gouvernements partenaires.

Plus de 178 millions de dollars doivent également financer des opérations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) doit, lui, recevoir plus de 123 millions de dollars.

Ces financements permettent notamment de prendre en charge les personnes transférées vers ces pays.

Des Marocains envoyés au Cameroun

Plusieurs ressortissants marocains apparaissent dans les opérations recensées par l’enquête.

Le 15 janvier, neuf personnes originaires de plusieurs pays ont pris un avion pour le Cameroun. Le groupe comprenait notamment des ressortissants du Maroc, de l’Angola, du Ghana, de la République démocratique du Congo et du Zimbabwe.

Parmi eux se trouvait Farah, une Marocaine.

Un juge américain lui avait accordé une protection contre un retour au Maroc. Elle expliquait craindre pour sa sécurité dans son pays d’origine.

Malgré cette protection, les autorités américaines l’ont envoyée au Cameroun.

Farah ne connaissait personne dans ce pays. Elle a finalement rejoint le Maroc.

Son histoire avait déjà fait l’objet d’un article dans la presse marocaine.

D’autres Marocains transférés au Costa Rica

Le Costa Rica a également accueilli des migrants expulsés des États-Unis.

Le 11 avril, un premier groupe de 25 personnes de plusieurs nationalités est arrivé dans le pays.

Washington devait financer leur prise en charge.

L’Organisation internationale pour les migrations devait notamment assurer leur hébergement et leur alimentation durant les premiers jours.

Le dispositif ne concerne donc pas uniquement les personnes ayant un lien avec le pays qui les accueille.

Un bureau chargé de négocier avec les pays tiers

L’administration américaine a également mis en place un Office of Remigration au sein du département d’État.

Ce bureau négocie avec les gouvernements étrangers. Il discute notamment des conditions d’accueil et des financements.

Le recours aux pays tiers permet à Washington de poursuivre certaines expulsions lorsque le retour direct vers le pays d’origine pose un problème juridique.

Dans certains cas, le pays tiers peut ensuite renvoyer la personne vers son pays d’origine.

Les expulsions contestées devant la justice américaine

La politique d’expulsion de l’administration Trump fait aussi l’objet de plusieurs procédures judiciaires.

Le 18 septembre 2026, une cour d’appel fédérale américaine a rendu une décision concernant une procédure d’expulsion accélérée.

Les batailles judiciaires devraient se poursuivre autour de ce dispositif.

L’enquête internationale permet toutefois de mesurer son ampleur.

Plus de 25 000 personnes, 35 accords avec des pays étrangers et au moins 410 millions de dollars : ces chiffres montrent l’importance prise par les expulsions vers des pays tiers.

Parmi les personnes concernées figurent aussi des Marocains envoyés dans des pays avec lesquels ils n’avaient parfois aucun lien.

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