Titres de séjour : plus de 200 élus demandent au préfet des Hauts-de-Seine de débloquer les dossiers

La pression monte autour du préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère.
Plus de 200 élus locaux lui demandent de mettre fin aux difficultés liées au renouvellement des titres de séjour.
Une vingtaine d’associations soutient également cette démarche. Les signataires ont adressé une lettre ouverte au préfet.
Ils dénoncent des délais trop longs et des difficultés qui toucheraient des étrangers vivant légalement dans le département.
Plus de 200 élus interpellent le préfet
La section départementale du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) a lancé cette initiative.
Les signataires demandent à la préfecture de revoir le traitement des dossiers.
Cette mobilisation intervient quelques semaines après une action de groupe contre le préfet.
L’Association des avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE) a engagé cette procédure devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. L’association dénonce notamment des difficultés dans le renouvellement des titres de séjour.
Plus de 2 000 décisions de justice citées
Les élus et les associations s’appuient également sur le nombre de décisions rendues par la justice administrative.
Selon les chiffres cités dans leur lettre, le tribunal administratif de Pontoise a rendu plus de 2 000 décisions concernant les services de l’État entre mai 2025 et mai 2026. Une source récente avance précisément le chiffre de 2 054 décisions.
Pour les signataires, ces chiffres illustrent les difficultés rencontrées par de nombreux demandeurs.
Ils souhaitent donc une amélioration du traitement des dossiers.
Cinq demandes pour les titres de séjour
La lettre présente plusieurs demandes adressées au préfet.
Les signataires souhaitent notamment :
- réduire les délais de renouvellement des titres de séjour ;
- garantir un accueil physique aux demandeurs ;
- informer les personnes lorsque leur dossier reste bloqué pour un motif lié à l’ordre public ;
- accélérer les admissions exceptionnelles au séjour ;
- délivrer davantage de titres aux jeunes étrangers pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
Les élus et les associations veulent ainsi obtenir des réponses plus rapides de la préfecture.
Une nouvelle mobilisation après l’action en justice
Cette lettre intervient dans un contexte déjà tendu.
Fin juillet, l’ADDE a engagé une action de groupe contre l’État et le préfet des Hauts-de-Seine. La procédure vise les dysfonctionnements dénoncés dans la gestion des titres de séjour.
Cette procédure peut permettre de demander à l’administration de faire cesser des dysfonctionnements qui touchent plusieurs personnes.
De son côté, Alexandre Brugère défend le bilan de la préfecture.
En septembre, ses services ont annoncé une baisse de 35 % du délai moyen de traitement entre mars et juillet 2026. Le délai serait passé de 142 à 92 jours.
La préfecture affirme également avoir réduit de 32 % le stock de titres en attente entre janvier et août.
Le préfet conteste les critiques sur les délais
Alexandre Brugère affirme donc que la situation s’améliore.
Il met notamment en avant les renforts accordés aux services de la préfecture.
Les associations et les élus contestent toutefois cette lecture de la situation.
Ils demandent des mesures concrètes pour les personnes qui attendent toujours le renouvellement de leur titre.
Le bras de fer se poursuit donc dans les Hauts-de-Seine. D’un côté, les élus et associations réclament un traitement plus rapide des dossiers. De l’autre, la préfecture met en avant la baisse récente des délais et du nombre de dossiers en attente.
La question des titres de séjour dans les Hauts-de-Seine devrait ainsi continuer à alimenter les débats dans les prochaines semaines.



