France : il décroche un CDI dans un métier en tension, mais reçoit une OQTF

Un jeune travailleur menacé d’expulsion malgré un CDI
En France, certaines décisions d’OQTF touchent aussi des étrangers qui travaillent et cherchent à s’intégrer. C’est le cas de Samba Magassa, un jeune Malien de 20 ans.
Il travaille comme conducteur d’engins dans une entreprise située à Viviers, en Ardèche. Malgré son parcours professionnel et une promesse d’embauche en CDI, la préfecture lui a adressé une obligation de quitter le territoire français.
Un parcours d’intégration en France
Samba Magassa est arrivé en France en 2021, à l’âge de 15 ans. Depuis son arrivée, il a appris le français et suivi plusieurs années d’études.
En juillet 2025, il a obtenu un CAP maçonnerie après un stage puis un apprentissage. Il a aussi travaillé pendant deux ans dans le secteur du bâtiment.
Son employeur souhaite aujourd’hui le garder dans l’entreprise. Il lui a même proposé un CDI.
Son employeur ne comprend pas la décision
La décision de la préfecture a provoqué l’incompréhension de son patron. Interrogé par Midi Libre, l’employeur a vivement défendu son salarié.
« Des gens qui travaillent, pourquoi on les emmerde ? », a-t-il déclaré au journal.
Selon lui, Samba Magassa représente un vrai atout pour l’entreprise. Il le décrit comme un jeune sérieux, motivé et difficile à remplacer.
Le chef d’entreprise affirme aussi ne pas avoir d’autre jeune avec le même profil dans son équipe.
Une demande de titre de séjour métiers en tension
Samba Magassa ne compte pas accepter cette décision sans réagir. Il a pris une avocate et conteste l’OQTF.
Il a aussi demandé un titre de séjour métiers en tension. Cette demande pourrait jouer en sa faveur, car le bâtiment fait partie des secteurs qui manquent de main-d’œuvre en France.
Son métier de conducteur d’engins s’inscrit donc dans un secteur où les entreprises peinent à recruter.
Une situation toujours incertaine
Pour l’instant, le jeune Malien attend la réponse de la préfecture. Son avenir professionnel reste donc suspendu à cette décision.
L’OQTF a aussi compliqué sa situation personnelle. Il ne bénéficie plus de son droit au logement et vit actuellement chez des connaissances.
Son cas relance le débat sur les travailleurs étrangers en France. Il pose surtout une question sensible : comment concilier les besoins de main-d’œuvre dans les métiers en tension avec les décisions d’éloignement ?



