Économie

Tunisie : le stress hydrique menace l’eau potable

Une crise qui s’aggrave

En Tunisie, les coupures d’eau touchent toutes les régions, même celles habituellement bien approvisionnées. Été comme hiver, notre ressource hydrique décline, et le risque de pénurie devient réel. Si aucune action immédiate n’est entreprise, la Tunisie pourrait bientôt manquer d’eau potable.

Cette rareté dure depuis des années et résulte de la sécheresse récurrente, de l’épuisement des nappes phréatiques et d’une exploitation excessive et anarchique. En outre, le déficit pluviométrique atteint un niveau inédit depuis plus de 50 ans. Actuellement, les barrages nationaux sont remplis à seulement 35,3 %, ce qui inquiète pour l’avenir.

Ressources hydriques insuffisantes

Le ministre de l’Agriculture a rappelé, lors de la Journée mondiale de l’eau, que le pays ne mobilise que 4,8 milliards de m³, loin de la moyenne annuelle de 36 milliards de m³.

Par ailleurs, les fuites sur les canalisations de la Sonede aggravent la situation. Les mouvements de protestation montrent que le droit d’accès à l’eau potable reste fragile. La demande dépasse largement l’offre, et la Tunisie se situe désormais au seuil de pauvreté hydrique, avec seulement 450 m³ par personne et par an, soit deux fois moins que la moyenne mondiale.

Des inégalités d’accès à l’eau

Malgré la présence de barrages, certains foyers ruraux n’ont pas accès à l’eau potable. À Gafsa, par exemple, 73 % de la population est privée d’eau potable, contre 33 % au nord-ouest, pourtant riche en ressources hydriques. Cette situation reflète une mauvaise répartition de l’eau et l’absence d’une planification stratégique efficace.

Agir sur la demande et limiter les pertes

Pour réduire le stress hydrique, il faut agir sur la demande. Ainsi, la Sonede a lancé un Projet d’amélioration des performances (PAP), qui prévoit la rénovation de milliers de kilomètres de canalisations dans 7 districts du centre et du sud : Kairouan, Kasserine, Sidi Bouzid, Médenine, Tataouine, Gafsa et Gabès.

Recours aux ressources non conventionnelles

Face aux limites de l’eau conventionnelle, la Tunisie développe des solutions alternatives :

  • Dessalement de l’eau de mer et saumâtre
  • Réutilisation des eaux usées traitées

À ce jour, trois stations de dessalement fonctionnent à Djerba, Zarat et Sfax, et 15 autres exploitent les eaux profondes. De plus, une gestion efficace de l’eau reste essentielle pour équilibrer offre et demande, surtout face au changement climatique.

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