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Maersk mise sur Tanger Med et tourne le dos aux ports européens

Le groupe danois Maersk repositionne une partie clé de ses opérations en Méditerranée. Il renforce Tanger Med pour limiter l’impact financier des règles environnementales européennes.

Dans son rapport annuel, l’armateur explique que le système européen de quotas carbone (ETS) a pesé lourd en 2025. Maersk chiffre ce surcoût à 316 millions de dollars. Le groupe indique aussi que la facture a fortement progressé : les coûts liés à l’ETS auraient augmenté de 96 % par rapport à 2024.

Face à cette pression, Maersk adapte son organisation. Il privilégie davantage des ports situés hors de l’Union européenne. L’objectif est clair : réduire les coûts réglementaires et sécuriser la performance des lignes.

Dans ce nouveau schéma, Tanger Med gagne en importance. Le port marocain devient un point central du réseau “Gemini Cooperation”, développé avec Hapag-Lloyd. Maersk l’utilise comme hub pour connecter l’Asie au nord de l’Europe. Cette réorganisation réduit le rôle d’autres plateformes, comme Algésiras, selon les éléments cités dans le rapport.

Le Maroc prend aussi une place stratégique dans la transition énergétique du groupe. Maersk annonce avoir porté sa consommation d’électricité renouvelable à 62 %. L’entreprise attribue surtout cette hausse à un accord d’achat d’énergie qui couvre ses terminaux au Maroc. Le groupe concentre ses investissements sur APM Terminals Tangier TC1 et MEDPort Tangier. À l’inverse, le rapport ne met pas en avant des projets similaires du côté espagnol.

Ces choix interviennent dans un contexte plus tendu pour le transport maritime. Maersk indique que son bénéfice opérationnel (EBIT) recule à 3,5 milliards de dollars en 2025. Le groupe subit aussi la volatilité du marché et les conséquences des tensions en mer Rouge. De nombreux navires contournent la zone par le cap de Bonne-Espérance, ce qui allonge les trajets et complique la chaîne logistique.

Dans cette situation, Tanger Med devient un atout majeur. Le port offre une alternative compétitive et bien connectée. Il capte ainsi une part croissante des flux, au détriment de certains ports européens.

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