Accord franco-algérien de 1968 : Emmanuel Macron envisage une renégociation

L’accord franco-algérien de 1968 revient au centre du débat politique en France. Ce texte encadre depuis plus de cinquante ans les conditions de séjour, de travail et de circulation des ressortissants algériens sur le territoire français.
Dans un contexte de relations diplomatiques tendues entre Paris et Alger, le gouvernement français estime que cet accord ne correspond plus aux réalités actuelles. Il souhaite désormais le moderniser.
Interrogé par La Voix du Nord, Sébastien Lecornu a confirmé la position de l’exécutif. Il appelle à une renégociation rapide de l’accord, sans en demander la suppression. Selon lui, le texte ne répond plus aux priorités migratoires et administratives de la France.
Un accord jugé inadapté aux enjeux actuels
Signé après l’indépendance de l’Algérie, l’accord de 1968 instaure un statut spécifique pour les ressortissants algériens. Il se distingue du droit commun appliqué aux autres nationalités.
Aujourd’hui, plusieurs responsables politiques estiment que ce dispositif crée un déséquilibre dans la gestion des flux migratoires. Pour Sébastien Lecornu, la France doit adapter ce cadre juridique aux enjeux contemporains, tout en préservant le dialogue avec Alger.
Une alternative à l’abrogation totale
À l’automne dernier, le Rassemblement national a proposé de supprimer l’accord de 1968. Le gouvernement s’est opposé à cette option. Il privilégie une approche qu’il juge plus réaliste et diplomatique.
Selon l’exécutif, une renégociation permettrait d’éviter une rupture durable avec l’Algérie. Elle offrirait aussi une marge de manœuvre plus large sur le plan migratoire.
Emmanuel Macron attendu sur ce dossier sensible
Le Premier ministre a également annoncé une intervention prochaine de Emmanuel Macron. Le chef de l’État pourrait s’exprimer ou prendre des décisions dans les semaines à venir.
Sébastien Lecornu rappelle que cette orientation s’inscrit dans une continuité diplomatique. En 2022, Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron avaient déjà évoqué une possible renégociation de l’accord.
Une forte vigilance côté algérien
En Algérie, l’accord de 1968 reste un acquis juridique important. De nombreux observateurs craignent qu’une révision réduise les droits des ressortissants algériens en France.
Les autorités algériennes suivent donc ce dossier avec attention. Toute modification pourrait avoir des conséquences directes pour des milliers de familles.
Un enjeu clé des relations franco-algériennes
La révision de l’accord franco-algérien de 1968 s’impose comme un dossier central des relations entre la France et l’Algérie. Elle illustre les tensions actuelles entre héritage historique, impératifs politiques et enjeux migratoires.



