MRE : Revolut veut réduire les frais sur les transferts d’argent vers le Maroc

Revolut prépare son arrivée au Maroc
La fintech britannique Revolut prépare son entrée sur le marché marocain. L’entreprise attend encore l’agrément des autorités pour lancer ses services dans le Royaume.
Son objectif est clair : proposer des transferts d’argent moins chers aux Marocains résidant à l’étranger (MRE). La néobanque veut ainsi concurrencer les banques classiques et les opérateurs traditionnels.
Le projet avance déjà à Casablanca. Yacine Faqir, ancien cadre chez Mastercard et passé par la Banque mondiale, dirige désormais le dossier au Maroc. Selon Challenge, Revolut discute avec Bank Al-Maghrib afin d’obtenir l’autorisation nécessaire.
Un marché stratégique pour les MRE
Le marché des transferts d’argent représente un enjeu majeur. En 2024, les MRE ont envoyé plus de 117 milliards de dirhams vers le Maroc.
Ces transferts restent souvent coûteux. Les clients paient parfois des commissions élevées, en plus de frais fixes. Revolut veut profiter de cette situation pour proposer une alternative plus compétitive.
La fintech mise sur un modèle 100 % digital. Elle promet aussi des frais réduits et un taux de change plus proche du taux réel. Cette approche pourrait séduire une diaspora déjà habituée aux services bancaires en ligne en Europe.
Une menace pour les banques traditionnelles
Pour l’expert en fintech Adnane Messaoud, l’arrivée de Revolut pourrait bouleverser le secteur bancaire marocain. Ses services digitaux et ses tarifs agressifs peuvent attirer une clientèle jeune, connectée et mobile.
Les banques classiques suivent donc ce dossier de près. Le secteur bancaire marocain reste très concentré. Cinq grands acteurs contrôlent près de 76 % du marché.
Avec son application mobile et son image internationale, Revolut pourrait créer une nouvelle pression concurrentielle. Elle pourrait aussi pousser les banques locales à revoir leurs frais sur les transferts.
Des obstacles réglementaires importants
Malgré ses ambitions, Revolut doit encore franchir plusieurs étapes. Le régulateur marocain impose des conditions strictes aux nouveaux entrants.
Aucun nouvel agrément bancaire étranger n’a été accordé depuis une dizaine d’années. D’autres acteurs internationaux, comme M-PESA ou Flutterwave, ont tenté d’entrer sur le marché marocain. Leurs projets n’ont pas abouti.
Le cadre légal représente aussi un défi. La loi marocaine sur la protection des données date de 2009. Elle pourrait limiter certains usages technologiques, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle.
Un partenariat local comme solution possible
Pour avancer plus vite, Revolut pourrait choisir une autre stratégie. La fintech pourrait s’associer à une banque locale au lieu de demander une licence complète.
Cette option lui permettrait de lancer certains services plus rapidement. Elle réduirait aussi les obstacles réglementaires.
Si Revolut obtient le feu vert, son arrivée pourrait moderniser les services financiers au Maroc. Elle pourrait aussi renforcer l’inclusion financière et offrir aux MRE une solution moins coûteuse pour envoyer de l’argent à leurs familles.



