Diaspora SocieteTémoignages diaspora

Diaspora algérienne : Leïla Meliani, de Tiaret à une ferme au bout du monde

Une Algérienne installée sur une île de l’Atlantique Nord

Quitter l’Algérie, traverser la France et le Canada, puis s’installer sur un archipel isolé. Le parcours de Leïla Meliani a tout d’une aventure hors du commun.

Née à Tiaret, dans une famille agricole, cette Algérienne vit aujourd’hui à Miquelon. Elle dirige une ferme caprine devenue bien connue à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Dans le podcast « Changer tout » de Saint-Pierre et Miquelon La 1ère, elle raconte son histoire. Elle y revient sur son exil, ses choix et sa résilience.

De Tiaret à la France

Leïla Meliani grandit entre la ville de Tiaret et la ferme familiale. Son père était éleveur et travaillait à une demi-heure de la ville.

Comme beaucoup de jeunes Algériens des années 1990, elle rêve de partir. La décennie noire marque profondément sa génération.

« On n’avait plus de rêves », confie-t-elle dans le podcast.

À 23 ans, elle convainc ses parents de la laisser partir seule. Elle rejoint alors la France, d’abord Marseille, puis Montpellier.

Une nouvelle vie dans le Limousin

Après son arrivée en France, Leïla découvre le Limousin grâce au milieu associatif.

Dans cette région rurale, elle retrouve un mode de vie simple et collectif. Cette ambiance lui rappelle certains aspects de sa culture algérienne.

C’est aussi dans le Limousin qu’elle rencontre Stéphane. Lui aussi vient du monde agricole.

Ensemble, ils imaginent une ferme à taille humaine. Leur projet combine élevage et transformation fromagère.

Un détour inattendu par Saint-Pierre-et-Miquelon

Le couple décide ensuite de quitter la France. Il souhaite tenter une nouvelle aventure au Canada.

Mais leur trajet prend une autre direction.

Leïla découvre alors l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large du Canada. Elle raconte avoir vu « ce petit drapeau français qui flotte au milieu de l’océan ».

Le couple pensait y rester une semaine. Finalement, il ne repartira jamais.

Une ferme caprine à construire

À Miquelon, Leïla et Stéphane décident de lancer leur ferme.

Tout reste pourtant à construire. Le couple choisit l’élevage de chèvres et la production de fromage frais.

À cette époque, ce type de produit n’existe pas encore localement. Leur projet répond donc à un vrai besoin sur l’archipel.

Peu à peu, la ferme prend forme.

Un drame qui change tout

Un an après leur installation, Leïla fait face à un drame. Stéphane décède brutalement.

Elle se retrouve seule avec un bébé et une exploitation encore fragile.

À ce moment-là, elle pense à rentrer en France. Pourtant, elle décide finalement de rester à Miquelon.

« Quand la vie choisit pour nous, on n’a pas d’autre choix que d’accepter et de continuer », explique-t-elle.

Une femme portée par la résilience

Leïla reçoit le soutien des habitants de l’archipel. Sa sœur vient aussi d’Algérie pour l’aider.

Grâce à cet appui, elle apprend à gérer seule la ferme. Elle suit également plusieurs formations en France.

Avec le temps, elle développe son activité. Ses fromages de chèvre trouvent leur place dans les commerces locaux.

Malgré l’isolement et le climat difficile, Leïla continue d’avancer.

Une fierté après des années d’efforts

Après un long parcours, Leïla Meliani se dit fière de son chemin.

Elle affirme avoir osé défier la vie. Elle estime aussi être allée jusqu’au bout de son projet.

Aujourd’hui, elle reste passionnée par son métier. Elle souhaite cependant transmettre la ferme à un repreneur.

Son histoire illustre le courage d’une femme de la diaspora algérienne. De Tiaret à Miquelon, Leïla Meliani a bâti une vie nouvelle au bout du monde.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page