Visa Schengen pour l’Espagne : les Algériens face à la mafia des rendez-vous

Pour de nombreux Algériens, la demande de visa Schengen pour l’Espagne est devenue un véritable parcours du combattant. Le principal obstacle ne réside plus seulement dans les conditions exigées ou les délais de traitement, mais dans l’accès à un simple rendez-vous. Mustapha Zebdi, président de l’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur (APOCE), a dénoncé, le 5 février, une situation qu’il qualifie de scandaleuse.
Des prix exorbitants pour des rendez-vous
Selon Zebdi, certains demandeurs sont contraints de débourser entre 500 et 1.000 euros pour obtenir un créneau de dépôt de dossier auprès du consulat d’Espagne, un montant qui dépasse largement le salaire minimum en Algérie. Ces sommes ne transitent pas par les circuits officiels, mais sont le résultat d’un marché parallèle où des intermédiaires récupèrent les créneaux disponibles pour les revendre à des prix exorbitants.
Un système organisé et opaque
Le président de l’APOCE décrit un mécanisme bien rodé : dès qu’un créneau apparaît sur le site de BLS International, il disparaît en quelques secondes, pour réapparaître presque immédiatement chez des intermédiaires. Zebdi évoque une véritable “mafia des rendez-vous”, affirmant que ces réseaux organisés exploitent la détresse des demandeurs en monopolisant les réservations.
Des mesures anti-fraude insuffisantes
BLS International Algérie, responsable de la gestion des rendez-vous pour le visa Schengen espagnol, a déclaré avoir renforcé ses mesures anti-fraude. Cependant, sur le terrain, la situation reste inchangée. Mustapha Zebdi évoque de “grands soupçons” quant à la rigueur de la protection des demandeurs et soulève des interrogations sur la responsabilité de ce prestataire.
Les autorités espagnoles alertées
Les autorités espagnoles sont conscientes de ce problème. Des enquêtes auraient été menées en Algérie, mais aucune amélioration significative n’a été observée. Les réseaux continuent de contrôler les créneaux disponibles, transformant ce qui devrait être un droit administratif en un luxe inaccessibile pour une grande partie de la population.
Une colère grandissante
Pour de nombreux Algériens, l’obtention d’un visa Schengen ne dépend plus seulement du respect des conditions requises, mais de leur capacité à payer des sommes démesurées à des intermédiaires. Cette situation suscite colère et frustration, transformant une démarche administrative normale en un parcours semé d’embûches.



