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Aéronautique : Daher prépare le transfert d’une partie de sa production au Maroc

Daher prépare un transfert industriel vers le Maroc

Le groupe aéronautique français Daher traverse une période difficile.

Face à des problèmes financiers et industriels, l’entreprise prépare le transfert d’une partie de sa production vers le Maroc.

Cette décision concerne notamment des activités liées aux programmes Airbus A300 et A330.

Le projet suscite déjà la colère des syndicats. Ils s’inquiètent pour l’avenir du site historique de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées.

Un départ prévu pour 2027

Le transfert devrait commencer en 2027.

Daher veut d’abord déplacer la fabrication de certaines pièces élémentaires.

Ensuite, le groupe pourrait transférer des opérations d’assemblage.

Selon les informations rapportées par La Dépêche, cette décision vise à répondre aux difficultés de production du site français.

L’usine de Tarbes souffre en effet d’un outil industriel vieillissant.

Un site français en grande difficulté

La branche Daher Industries connaît une situation financière préoccupante.

L’an dernier, le site a enregistré un déficit de 25 millions d’euros.

Il figure ainsi parmi les sites les moins rentables du groupe en Europe.

Les représentants du personnel dénoncent aussi un manque d’investissements.

Selon eux, l’entreprise n’a pas suffisamment modernisé ses équipements.

Des outils industriels devenus obsolètes

Les salariés travaillent avec des équipements jugés trop anciens.

Certains logiciels utilisés sur le site fonctionnent encore sous Windows XP.

Cette situation complique la maintenance et ralentit la production.

En cas de panne, les équipes rencontrent de grandes difficultés pour réparer les systèmes.

Cette vétusté pèse donc directement sur la cadence industrielle.

Une production déjà ralentie

Les difficultés du site ont eu un impact sur les livraisons.

Sur 62 avions TBM commandés l’an dernier, Daher n’en a livré que 54.

Cette différence illustre les limites de l’outil industriel actuel.

Pour la direction, le transfert d’une partie de l’activité doit aider à maintenir la production.

Cependant, les syndicats y voient surtout un risque pour l’emploi local.

Les syndicats dénoncent une délocalisation

Le syndicat Force ouvrière critique vivement ce projet.

Il estime que cette décision affaiblit l’industrie française.

FO dénonce aussi un décalage entre cette stratégie et les discours officiels sur la réindustrialisation.

Pour les représentants du personnel, le problème vient surtout du manque d’investissements à Tarbes.

Ils craignent que le transfert vers le Maroc fragilise encore davantage le site historique.

Un pari sur les contrats militaires

Pour compenser la perte d’activité civile, la direction locale mise sur de futurs contrats militaires.

Ces contrats pourraient arriver d’ici 2030.

Mais les syndicats jugent ce scénario très incertain.

Selon eux, ces projets nécessiteront de lourds investissements matériels.

Or, les finances actuelles de l’entreprise ne permettent pas encore de garantir ces moyens.

Une inquiétude forte pour l’emploi à Tarbes

Patrick Cazala, secrétaire général départemental de FO, tire la sonnette d’alarme.

Il redoute un impact durable sur les emplois de la région.

Le syndicaliste critique aussi des contrats historiques négociés dans un contexte de hausse des coûts.

Pour lui, l’entreprise prend un risque majeur en transférant une partie de son activité à l’étranger.

Le Maroc confirme son attractivité industrielle

Ce projet montre aussi l’attractivité croissante du Maroc dans l’aéronautique.

Le royaume attire déjà plusieurs acteurs industriels grâce à ses coûts compétitifs et à son écosystème spécialisé.

Pour Daher, le transfert vers le Maroc représente une solution industrielle.

Pour les syndicats français, il symbolise au contraire une perte d’activité pour le site de Tarbes.

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