Royaume-Uni : une forte dépendance au Maroc fragilise sa sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire du Royaume-Uni est aujourd’hui sous pression.
Un rapport récent met en évidence une forte dépendance aux engrais importés. Parmi les fournisseurs clés, le Maroc occupe une place stratégique.
L’agriculture britannique produit peu d’engrais sur son territoire. Elle en importe plus de trois fois le volume qu’elle fabrique localement. Cette dépendance concerne surtout des éléments essentiels comme le phosphore et le potassium.
Selon une analyse relayée par le média spécialisé FarmingUK, l’approvisionnement du Royaume-Uni repose sur un nombre limité de pays. Le Maroc, le Canada, la Russie et la Biélorussie dominent ce marché mondial.
Le problème est structurel. Le Royaume-Uni ne dispose presque pas de réserves naturelles de phosphate ou de potasse. Les agriculteurs restent donc exposés aux tensions géopolitiques et aux perturbations logistiques.
Récemment, des incidents dans le détroit d’Ormuz ont suffi à faire grimper les prix. Cette volatilité fragilise encore davantage le secteur agricole britannique.
Les producteurs font déjà face à une situation difficile. Le coût des intrants agricoles a augmenté de 7,6 % sur un an. Dans le même temps, les prix de vente des récoltes ont reculé de 6,5 %.
Autre facteur de risque : la concentration du marché. Quelques grandes entreprises contrôlent une grande partie de la production mondiale d’engrais. Certains responsables politiques parlent même de « duopole ».
Face à ces défis, plusieurs solutions sont envisagées. Le Royaume-Uni pourrait constituer des stocks stratégiques pour sécuriser ses approvisionnements. Il pourrait aussi mettre en place des subventions pour soutenir les agriculteurs.
À plus long terme, une transition vers une agriculture plus biologique est évoquée. Ce modèle nécessite moins d’engrais chimiques et réduit la dépendance extérieure.
Dans ce contexte, le rôle du Maroc apparaît central. Le pays s’impose comme un acteur clé dans l’équilibre alimentaire mondial, notamment grâce à ses importantes réserves de phosphate.



