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Maroc-Pesticides, OGM, traçabilité du cheptel… L’ONSSA épinglé dans le dernier rapport de la Cour des comptes

La gestion de la chaîne alimentaire a été passée à la loupe.

La Cour des comptes vient de dévoiler son rapport relatif à l’année 2018. Dressant le résultat de l’exécution des missions programmées par la Cour des comptes et des cours régionales des comptes, ce rapport annuel, présenté au souverain ce mercredi 11 septembre, contient les synthèses de tous les travaux de la Cour relatifs aux divers secteurs. Parmi les établissements contrôlés, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), qui se présente comme un des mauvais élèves et fait l’objet de plusieurs observations.

Pesticides, OGM, hygiène… Le contrôle des produits alimentaires à la loupe

 

Le document fait notamment état de l’inadéquation des moyens humains alloués à l’ONSSA avec les missions qui lui sont confiées, l’absence d’une véritable politique publique en matière de sécurité de la chaîne alimentaire, et souligne un faible contrôle sur les lieux de la restauration collective.

Par ailleurs, plusieurs insuffisances ont été relevées au niveau du contrôle
exercé par les services de l’ONSSA sur les produits alimentaires, notamment l’absence de contrôle sur les résidus de pesticides contenus dans les fruits et légumes destinés au marché local, contrairement aux produits destinés à l’exportation. La Cour soulève également l’absence de contrôle sanitaire au niveau des marchés de gros de fruits et légumes, en raison du manque de traçabilité des aliments et d’organisation des structures.

La Cour a relevé qu’il n’existait pas, actuellement au Maroc, d’encadrement juridique relatif aux OGM, malgré le débat international sur leurs risques potentiels sur la santé.

Le rapport alerte aussi sur l’absence de contrôle sur les produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM). Dans ce sens, la Cour a relevé qu’il n’existait pas, actuellement au Maroc, d’encadrement juridique relatif aux OGM, malgré le débat international sur leurs risques potentiels sur la santé.

De plus, il est à signaler qu’il existe plusieurs points noirs dont l’Office a
du mal à assurer le contrôle sanitaire. Il s’agit des abattoirs et tueries rurales
de viande rouge, des abattoirs traditionnels de volaille (riachate), ainsi que
les centres de collecte de lait dont le nombre est aux alentours de 2.700 au
Maroc.

Dangers liés aux produits chimiques agricoles

 

Comprenant pesticides, matières fertilisantes et supports de cultures, il a été constaté l’absence de contrôle des intrants chimiques à usage agricole au niveau des commerces de détail, indique le rapport, faisant remarquer que les vendeurs non agréés, dont la compétence et la connaissance en matière d’usage approprié de ces pesticides sont inconnues, dispensent également des conseils aux agriculteurs dans le but d’augmenter leurs rendements, ce qui fait courir un risque important pour la santé publique.

La Cour a ainsi souligné ses préoccupations quant à l’absence de contrôle sur l’activité de reconditionnement des pesticides à usage agricole, vu le risque important lié à la manipulation directe de ces produits et les pratiques frauduleuses susceptibles de s’opérer (reconditionnement de produits périmés,  ajout d’autres produits…).

Vaccination, traçabilité et veille épidémiologique: la santé du cheptel remise en question

 

Ici encore, plusieurs observations ont été formulées par la cour des comptes en matière de contrôle sanitaire lié à l’élevage, en soulignant l’insuffisance du système de veille épidémiologique, l’absence d’une loi spécifique sur l’élevage et l’absence d’un cadre formalisé pour la prise de décision en matière de vaccination.

Enfin, le rapport déplore l’inefficacité du programme d’assainissement de la tuberculose bovine à travers le recours à l’abattage sanitaire ainsi que l’absence de stratégie pour prétendre au statut “indemne” de certaines maladies réputées légalement contagieuses (MRLC), et la présence de défaillances au niveau du processus d’identification et de traçabilité du cheptel.

Source : H.P.M

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